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par Isabelle Dhordain
Sur la pochette de T'es belle!,
le troisième album de PADAM, Nader apparaît désormais
coiffé d'un chapeau melon en guise de stetson, des fleurs
dans chaque main à la place des colts.
" T'es belle! " comme
la vie, qui au sortir d'une nuit douteuse, aguiche encore un peu,
telle une vieille concubine, qui aide encore une fois à sortir
d'un long tunnel.
" T'es belle! ", comme
la fille pour laquelle l'amoureux met son plus beau costume et sort
tout son argent, mais qui face à elle ne ressemble plus à
rien… |
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Belle aussi
la guitare, dans " le gratteur de charme ", car le séducteur
Nader voulait être guitariste : " Je jouais pas mal dans
les bars, je chantais Dylan, Nat King Cole et les vieux blues. Un
jour, j'ai composé une chanson pour m'amuser, je l'ai placée
au milieu des autres, et ça a marché, alors j'en ai
placé une deuxième, puis une troisième et ça
marchait encore ! " Alors Nader recrute des musiciens, des
vrais Parisiens de toutes origines. C'est la naissance de PADAM
en 1998.
PADAM, c'était d'abord
des histoires d'amour et des personnages, avec des gueules d'atmosphères,
" Lucien ", " Fernand " très ancrés
dans Paris. Les musiques étaient tantôt tziganes, tantôt
orientales, java ou swing. Ce nouvel album fait oublier les origines
de chacun, et offre une musique plus universelle, plus ouverte,
le son a radicalement changé.
Ainsi le clavier de Balthazar
se fait parfois Rhodes et orgue hammond, pour créer des ambiances
psychédéliques qui embarquent dans le rêve.
Adam à l'accordéon lui répond, et nous ramène
à la réalité. Henri a troqué sa contrebasse
contre une Fender jazz bass, Nader, sa guitare acoustique contre
une Télécaster et Boris, à la batterie, fédère
le tout.
Nader pose sa voix sur les musiques,
comme une caresse, se paye même un numéro de crooner
jazzy dans "Enchanté" . " J'ai pensé
à Henri Salvador en écrivant cette chanson, et j'étais
mort de rire en trouvant les paroles ! "
De la célébration
de l'amour physique dans "Maria", à l'entrée
dans la nuit éternelle dans "Les rainures"…
Du fantasme, dans "Tension érotique au rayon frais du
Prisunic", au réalisme et à la désillusion
dans "Coco", (l'histoire d'un type qui pleure sur son
sort et dont on a envie de se débarrasser plutôt que
le consoler, pour pouvoir rester avec celle qui l'a quitté
!)… Les 11 chansons de PADAM offrent une palette de sentiments
plus forts les uns que les autres.
L'album monte en tension permanente
pour se terminer sur une note de tendresse, comme si on avait feuilleté
un livre auprès d'un enfant avant qu'il ne s'endorme, ou
regardé avec lui un film d'aventure, une sorte de nouveau
western…Entre Clint Eastwood et Sergio Leone.
Et au dos de la pochette de " T'es belle
! ", les cinq de PADAM, très dignes, posent pour la
postérité. Le papier est jauni par le temps, mais
l'aventure continue…
Paris, le 18 février 06
Isabelle Dhordain
Avec les propos de Nader Mekdachi |
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